Ils témoignent //

« Culture et développement durable : quelles synergies?

Le 12/09/2016

La première édition de Think Culture a été organisée par News Tank le 6 septembre à l'Université Paris-Dauphine. Le but de ce forum est de partager les innovations et de débattre des enjeux artistiques, économiques, technologiques et institutionnels au sein de l'univers culturel.

Partenaire de cet évènement, Audiens a également pris la parole lors de l’atelier "Culture et développement durable : quelles synergies?  

Cette rencontre, modérée par Léa Lootgieter, rédactrice à News Tank, réunissait Chantal Colleu-Dumond (domaine de Chaumont-sur-Loire), Olivier Esmiol (Audiens) et Béatrice Macé (TransMusicales de Rennes). En voici quelques extraits :

  « La sensibilisation douce est beaucoup plus efficace que certains discours culpabilisants sur l’avenir de notre planète »

Chantal Colleu-Dumond :

Le domaine de Chaumont-sur-Loire offre la possibilité de vivre la culture autrement. Il rend sensible le développement durable et l’environnement par l’intermédiaire de l’esthétique et du sensible. Il privilégie la sensibilisation douce par le biais de l’art et de la poésie. La sensibilisation douce est beaucoup plus efficace que certains discours culpabilisants sur l’avenir de notre planète.

Le visiteur vient chercher une expérience esthétique liée à l’histoire, à l’art et au jardin. Il prend conscience de la beauté du paysage de notre planète, tout en découvrant un comportement écologique volontariste. Le visiteur sent que les pratiques du développement durable sont mises en place et qu’il peut faire la même chose à son tour. C’est important d’être dans le concret. Le visiteur est à l’intérieur même de la compréhension.

Des artistes et des plasticiens mettent en évidence les déstructurations et restructurations des paysages. On essaie avec des images sublimes de faire prendre conscience de l’horreur du comportement des hommes. »

« L’environnement ne peut être conservé que si l’on comprend bien les cultures qui l’ont façonné »

Olivier Esmiol :

Au-delà de la production de biens culturels et de la création artistique, la culture est une référence sociale, proposant des valeurs, des us et coutumes qui définissent la culture à l’intérieur d’un territoire. C’est par ce lien que la culture devient un véritable patrimoine. L’environnement ne peut être conservé que si on comprend bien les cultures qui l’ont façonné.

La culture est un outil de valorisation et d’émancipation qui participe à la qualité de la vie. Le développement durable quant à lui est fondé sur le savoir. La culture est un outil formidable pour le transmettre et le valoriser.

Avec Audiens, nous sommes acteurs de l’économie sociale. Dans sa démarche sociétale, le groupe intègre le principe du bien-être et valorise la diversité. Nous couvrons les salariés sur des risques lourds, sur le passage à la retraite, sur un deuil… La démarche de durabilité est inscrite dans nos gènes.

Il y a eu un réel déficit de la valorisation des actions des acteurs culturels dans la lutte contre la discrimination sociale et de l’engagement autour de l’écoconception et de la gestion des déchets. Nous avons cherché à valoriser ces initiatives depuis la COP 21. »


« Nous n’avons pas fait d'économies en nous tournant vers le développement durable, mais cela a permis un meilleur investissement de l’argent »

Béatrice Macé :

L’art en tant que production d’artefacts et la culture doivent être mis au centre, à l’intersection des trois piliers du développement durable. Mais si l’on représente ce principe schématiquement, la culture est le cercle qui englobe ces piliers, en tant que mise en signification du monde.

Nous avons cherché les compétences, le savoir-faire ailleurs, auprès de gens qualifiés. Nous faisons en sorte que les acteurs du festival puissent l’acquérir pour pouvoir les tenir sur la durée.

L’acteur culturel résonne en termes de cadrage de l’action. Le développement durable oblige à se décentrer. Il faut tout remettre en question pour se coordonner aux trois principes.

Nous n’avons pas fait d’économies en nous tournant vers le développement durable mais cela a permis un meilleur investissement de l’argent. Il y a une redistribution permanente de l’investissement : les petites économies sont réinvesties directement pour développer d’autres principes du développement durable. »

 

Article reproduit avec l’aimable autorisation de News Tank Culture © NTC 2016.

http://culture.newstank.fr/fr/thinkculture/

Crédit photo : © Seb Lascoux